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L' Enterrement du soleil

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les avis de Cinemasie

4 critiques: 3.12/5

vos avis

11 critiques: 3.64/5

visiteurnote
Illitch Dillinger 3.25
zybine 3.5
Bastian Meiresonne 3.5
hkyume 3
k-chan 4.5
Pikul 3.25
Anel-kun 3.5
shaman 4
Mounir 3
Bama Dillert 3.75


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Dodes Kaden, version brechtienne

Troisième effort de Nagisa Oshima, L'enterrement du soleil (1960) est aussi le dernier de la veine naturaliste de l'auteur, avant que Nuit et brouillard au Japon (1961) ne marque le début d'une recherche plus axée sur la forme (et un renouvellement constant des efforts d'Oshima en la matière, jusqu'au retour à la sérénité classique du Zen japonais avec Tabou). Il est amusant de comparer cet Enterrement du soleil avec ce qui se faisait à l'époque dans le cinéma japonais. Les tronches des laborieux zonards entre deux âges du film ne sont pas très éloignées de celles qu'on voit dans les Bas fonds ou Dodes Kaden de Kurosawa ; les plans de coupe "paysagers" de la civilsation industrielle prise au soleil couchant ne sont pas si différents d'Ozu. La nouvelle vague pointe cependant le bout du nez avec une utilisation pour le moins déconcertante de la bande son et surtout un montage pour le moins brutal et hâché. Quant au fond, et comme l'ont bien expliqué les critiques précédents, le film est assez besogneux, hésitant entre le didactisme politique et le lyrisme des amours de jeunesse mais procure des images fortes et neuves qui impriment sans conteste la mémoire, même des cinéphiles les plus blasés. L'agression des lycéens amoureux - et ses suites - comptent parmi les meilleures scènes d'Oshima.

06 août 2007
par zybine


Un autre conte cruel de la jeunesse

Troisième film d'Oshima pour le grand écran, il persiste dans la voie du "film pour jeunes". Fortement impressionné par le cinéma de Bunuel, il en reprend la musique, mais surtout la description réaliste des bidonvilles et de ses habitants. A la limite du documentaire, il est incroyable de voir combien le Japon était toujours touché par les ravages de la guerre. Routes campagnardes, champs de ruines, terrains vagues et bicoques de fortune abritant des figures décharnées représentaient les bas-fonds du pays en voie de (lente) reconstruction. Forcément, toute une génération était sacrifiée : celle née juste à la fin de la guerre. Sans grands espoirs et surtout sans richesse, les enfants manquaient de la présence suffisante de leurs parents (tentant tant bien que mal de survivre), mais surtout d'une ferme éducation. Sans école, ni encadrement suffisant, ils empruntent la voie de leurs aînés de survivre à tout prix. Trouvant combines, se regroupant en clans pour être plus forts et vivant de vols et de coups montés, ils ne connaissent forcément ni peur, ni reproche, n'ayant absolument rien à perdre. OSHIMA réussit brillamment à capter tout ce désespoir par une gallérie de portraits de tronches incroyables, de coups fourrés et de méchanceté et cruauté les uns envers les autres sans pareille. Des scènes humainement quasi insupportables, tant l'individualisme prime sur toute notion d'espoir et de partage. Au milieu donc des jeunes protagonistes, soit prêts à tout pour survivre, soit entraînées par la force des choses. En ressortent finalement deux êtres diamétralement opposés, dont une fille - charmeuse et prête à tout pour surnager (OSHIMA caractérise son état actuel en utilisant magnifiquement deux couleurs de rouge à ongles : rouge, quand elle est en veine; noire quand le malheur est proche !!!) et un garçon - entraîné malgré lui dans le maelström de violence. Dommage seulement que l'interprétation de ce dernier soit à ce point fade et insignifiant par rapport aux autres acteurs pour pleinement émouvoir. OSHIMA entame une lente spirale infernale, où les destins de chaque protagoniste semblent scellé dès le départ. Son film finit même par une note profondément pessimiste, quand il soulève la question QUAND le Japon sera de nouveau un vrai empire unifié et propose en ultime solution...l'anarchie pour totu détruire et recommencer une nouvelle fois de zéro (sur un champ de terre brûlée, un personnage ramassant des débris s'exclame : "du boulot, du boulot !". Malheureusement, OSHIMA ne maîtrise pas encore totalement son propos: il y a des carences scénaristiques certaines, des longueurs inutiles et des redondances. Il n'arrive à totalement gérer l'interprétation parfois approximative de ses protagonistes et élucide trop certains passages clés du film. Il n'empêche, que les images hantent longuement la mémoire après avoir vu le film et que son propos se cristallise clairement au milieu du foutoir visuel (voulu).

16 décembre 2005
par Bastian Meiresonne


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